Gelée royale

Dernière mise à jour en juillet 2008

Introduction

Lorsque la reine est trop âgée, lorsqu'elle est morte, ou lorsque les abeilles préparent l'essaimage, apparaissent dans la ruche de curieuses cellules qui ne ressemblent pas du tout aux autres. Elles pendent verticalement en dehors du rayon, comme un doigt de gant et elles peuvent atteindre la longueur du petit doigt de la main. À l'intérieur, se trouve une larve qui repose sur une couche épaisse de gelée royale. Alors que les larves d'ouvrières n'en reçoivent seulement que quelques milligrammes au début de leur vie. La larve de reine qui se trouve dans la cellule royale, que je viens de décrire, en a parfois jusqu'à 250 mg (1/4 de g) à sa disposition. C'est grâce à ce régime que ses ovaires se développeront pleinement, lui permettant plus tard de pondre plus de 2000 oeufs par jour, pendant toute sa vie (4 à 5 ans).

Couleur et goût

La gelée royale est une pâte blanchâtre de la consistance du yaourt, et d'un goût peu habituel, à la fois acide et brûlant.

Depuis très longtemps, les apiculteurs élevent des reines et en font un commerce fructueux. Dans certains cas, elles sont sélectionnées avec soin et inséminées artificiellement par des mâles dont le pédigrée est connu. Dans des cupules artificielles en matière plastic préparées à l'avance et mesurant à peu près la moitié de la longueur des cellules royales, on introduit une petite goutte d'une solution de gelée royale ; puis, une très jeune larve qu'on a prélevée dans une cellule d'ouvrières.

Les cupules ainsi garnies et rangées serrées sur des lattes forment des barrettes qu'on introduit, l'ouverture vers le bas dans une ruche orpheline, c'est-à-dire dont on a enlevé la reine.

Les abeilles, pour élever de nouvelles reines vont aussitôt dégorger de la gelée royale dans les cupules, en les allongeant pour leur donner la dimension d'une cellule royale habituelle.

Septante-deux heures plus tard, on retire les larves car il n'est pas question de laisser la larve se développer pleinement et dévorer la gelée royale. On aspire celle-ci. Après filtration, la cire est stockée dans des récipients opaques et gardés au frais en attendant la commercialisation.

Si l'on admet que chaque cellule contient 200 mg de gelée, il n'en faut que 5 pour faire un gramme ; or, on en élève dans chaque ruche plusieurs centaines.

La gelée n'est donc pas rare du tout : elle ne nécessite qu'un peu de main-d'oeuvre.

Qu'est-ce-que la gelée royale ?

En gros, c'est du pollen prédigéré et concentré. En effet, la gelée royale se rapproche beaucoup de la composition chimique du pollen. Elle est sécrétée dans la majeure partie par les glandes pharyngiennes des abeilles ouvrières.

Composition chimique

Elle a été étudiée par une foule d'auteurs intrigués par son aspect, et elle nous est bien connue.

  • Eau. C'est l'élément le plus présent dans de la gelée fraîche avec près de 67 %.
  • Protéines. A côté de l'eau, elles constituent le principal constituant avec environ 11,4 %. On y trouve principalement des protéines solubles dans l'eau dont de 0,6 à 1,5 % d'acides aminé.
  • Sucres. Comparativement au miel ou au pollen, ils sont relativement peu présents (de l'ordre de 10 %) dans la gelée avec essentiellement du fructose, du glucose et du saccharose.
  • Matières grasses. Elles sont peu abondantes dans la gelée royale (environ 6,2 %) et varient suivant l'âge de la larve de reine ; les ouvrières dégorgent la gelée dans la cellule royale très fréquemment et paraissent en modifier la composition suivant l'âge de la larve. On y retrouve principalement un acide gras qui caractérise et est un indicateur de qualité de la gelée royale. C'est l'Acide 10-hydroxydécénoïque (Acide(E)-10-hydroxydéc-2-énoïque). Cet acide n'existe que dans cette matière (teneur de 10-HDA = un tiers des acides gras). Les glandes de la reine sécrètent non pas cet acide mais un corps voisin, l'acide céto-décène 2 transoïque, qui n'est autre que la fameuse hormone qui bloque le développement des ovaires des ouvrières.
  • Vitamines. La gelée royale est un véritable concentré de vitamines, mais ce sont des vitamines du groupe B comme dans le pollen. Les vitamines A, D et K, sont absentes, n'existent qu'à l'état de traces. La teneur en acide pantothénique (vitamine B6) est énorme, et bien plus forte que dans le pollen.

La composition de la gelée royale n'est pas fixe au cours du développement de la larve. Les gelées du commerce sont formées de gelée récoltée en vrac dans les cellules royales au quatrième jour de l'évolution, les gelées distribuées aux différents âges larvaires y sont par conséquent, mélangées.

Antibiotique et gelée royale

On savait depuis longtemps que la gelée, laissée à l'air libre, se desséchait en se transformant en une substance de consistance caoutchouteuse, mais sans se putréfier. Son acidité, très forte, en est certainement responsable, car, après neutralisation, elle se putréfie rapidement.

Suite aux recherches de Lavie, l'action antibiotique ne dépend pas de l'acidité. Le produit neutralisé est efficace. L'efficacité est très nette sur toute une gamme de microbes, salmonelles, etc.

Vieillissement de la gelée royale

Comme tous les produits de la ruche, la gelée royale vieillit à la température ordinaire ; et le principe antibiotique n'est stable qu'en solution éthérée. La gelée brute n'est guère active que le premier jour de sa récolte, et son pouvoir antibiotique semble disparaître définitivement le lendemain. Dans la ruche, on peut se demander comment la gelée conserve ses propriétés à une température de 32°C : les ouvrières dégorgent de la gelée toutes les deux ou trois minutes, si bien qu'on peut la considérer comme fraîche.

En fait, les dernières recherches démontrent qu'il n'y a pas un mais plusieurs antibiotiques dans la gelée royale.

Action physiologique de la gelée royale

Un point très important est que la gelée est instable (peu de publicité mentionnent ce point). Elle se dégrade rapidement à température ordinaire.

Le seul conditionnement qui permet de la conserver sans altération est la lyophilisation (dessiccation à -60°C dans un vide très poussé).

À retenir

  • L'action euphorisante sur l'homme est signalée par tous les auteurs.
  • L'action sur les enfants en bas âge est d'un extrême intérêt.