Séverine d’Ans en son paradis de fleurs sauvages

Agnès Fayet

Séverine d’Ans est apicultrice mais surtout gérante de la pépinière ApiFlora à Sollières sur les hauteurs de Huy. Je suis allée à sa rencontre dans son jardin de plantes sauvages indigènes qui exprime une belle harmonie. Elle a profité de la traditionnelle semaine des pollinisateurs du mois de mai pour proposer une semaine porte ouverte.

Cette ancienne assistante en botanique qui a enseigné à des paysagistes, met aujourd’hui en pratique ses connaissances en écologie pour valoriser le patrimoine végétal local. Elle diffuse auprès de ses clients son amour et sa connaissance de plantes jusqu’ici assez peu valorisées dans les jardins. Les plantes locales, bien adaptées, sont pourtant les clés de la réussite pour obtenir un jardin résilient, durable et acueillant pour la vie dans toute sa biodiversité.

AF - Comment vous est venue l’idée de cette pépinière originale ?
SA - A l’époque, autour des années 2010, j’étais formatrice en parcs et jardins et je commençais à faire mes premiers devis d’aménagement de jardins. Grâce à ma formation de bioingénieure, je connais plus les plantes sauvages que les plantes horticoles. Tout logiquement, j’ai associé l’idée de réaliser des jardins de plantes sauvages. Il existait déjà une offre en semences locales et beaucoup de docu mentation éditée par la Région Wallonne conseillait de mettre des plantes indigènes et des fleurs mellifères dans les jardins. Quand on sème des prairies fleuries, on sème à l’aveugle, sans distinguer les jeunes pousses du mélange des adventices présentes dans la banque de graines du sol. On ne contrôle pas le résultat et les gens sont parfois déçus. Ils n’ont pas forcément envie de voir pousser les adventices et le rendu final ne correspond pas toujours à leur attente. J’ai trouvé ça dommage de couper l’élan de ces personnes qui ont marqué un intérêt pour la végétation sauvage. Cela m’a confortée dans l’idée de proposer des plantes sauvages en pots. Cette offre permet d’intégrer des plantes sauvages dans son jardin en ayant un plus grand contrôle sur le résultat. On peut ainsi les voir se développer, comprendre leurs besoins, et même bénéficier sans risque d’erreur de leurs propriétés comestibles ou médicinales. Avoir des plantes sauvages dans son jardin permet une autre relation avec la plante et cette compréhension s’accompagne bien souvent d’un plus grand respect des plantes sauvages dans leur environnement naturel. L’ envie de faire des aménagements de jardin avec des plantes sauvages et de développer cet aspect relationnel dans son jardin est toujours là, même si c’est un peu mis de côté pour l’instant.

AF - Pour quelle raison ?


SA - Je pense qu’il faut continuer de développer le produit avant de proposer le service. La demande en plantes est vraiment bien là et donc je me dois de répondre à cette demande pour que ce ne soit pas un flop. Il s’agit de donner envie et d’assurer la production derrière pour pouvoir répondre à cette envie. Et puis il y a une dimension saisonnière dans mon travail, les productions battant leur plein au printemps et à l’automne, les aménagements sont concentrés durant la période estivale et hivernale.

AF - Et cette envie du public, vous la sentez réellement ?
SA - Oui, regardez ! (en montrant les nombreux visiteurs ayant répondu à la semaine porte ouverte de la pépinière). Je commence aussi à avoir des stagiaires qui sont intéressés, qui veulent aussi développer leur propre entreprise. Ils veulent apprendre et créer d’autres pépinières de plantes indigènes.

AF - Donc vous essaimez (sourire)…
SA - Oui… c’est une démarche cohérente en écologie des écosystèmes. J’ai beaucoup enseigné l’écologie, la phytosociologie notamment à de futurs paysagistes. Moi je suis convaincue de ce fonctionnement là. Il ne sert à rien d’avoir un monopole. Ce n’est pas bénéfique à terme. C’est plus intéressant d’avoir une compétition pour créer de l’émulation. Et chacun peut trouver sa niche. Par exemple, ma stagiaire ici veut développer sa pépinière de plantes indigènes du côté de Verviers. Et bien je trouve que ça a du sens. Il y a, du point de vue du public, des affinités qui se créent avec un producteur ou un autre, une gamme de produits ou une autre. Ça fait qu’il y a de la place pour tout le monde. L’exemple du bio est édifiant. Les producteurs sont devenus de plus en plus nombreux et les consommateurs ont suivi jusqu’à créer un changement dans le mode de consommation. Finalement, c’est bénéfique pour tout le monde d’étendre l’offre.


AF - L’idée de compétition a tendance à être prise négativement mais au fond, n’est-ce pas une erreur ? Est-ce la même chose du point de vue écologique ?
SA - Oui… En écologie, avec l’évolution, chaque espèce trouve sa niche. Il faut veiller à ne pas perturber l’équilibre naturel par des activités humaines. Il y a par exemple de la place pour tous les pollinisateurs. ll faut simplement ne pas placer trop de ruches au même endroit par exemple. Naturellement, un équilibre s’instaure. Un équilibre, c’est évidemment toujours en mouvement. Si on crée une surdensité d’une espèce à un endroit, il y a soit une compétition négative ou la dégénérescence d’une espèce. C’est subtile et difficile à appréhender globalement.

AF - Ici, vous avez 5 ruches au fond de votre jardin. Vous êtes apicultrice ?
SA - Oui, j’ai suivi les cours d’apiculture. Mon compagnon avait très envie d’avoir des ruches. C’est une démarche que l’on a initié il y a une petite dizaine d’années. Au départ, c’était pour répondre à l’en vie de faire quelque chose de bien pour l’environnement tout en ayant un loisir, comme c’est le cas de beaucoup de nouveaux apiculteurs. Mais au fond, c’est une erreur. On n’aide pas forcément la biodiversité en ayant des ruches. Moi j’ai suivi la formation pour répondre à mon besoin de formaliser la pratique apicole. J’ai bien compris que c’est complexe, que c’est technique. Il est bon de le rappeler : on ne peut pas se contenter de laisser vivoter une ruche au fond de son terrain. Ce n’est pas une bonne solution. Avec le développement de ma pépinière, je ne pouvais plus assumer les plantes et les abeilles en pleine saison. J’ai transmis la gestion des ruches à mon compagnon. Lui est autodidacte. Il n’avait ni le temps ni l’envie de suivre la formation. Et finalement, nos regards croisés sont intéressants. Je compare assez la formation que j’ai suivie avec mes cours d’agro : une vision intensive même si elle est destinée à des apiculteurs de loisir. Et lui, avec ses recherches sur internet, il s’est davantage focalisé sur la biologie de l’abeille, sur la compréhension des rythmes de l’abeille, etc. Les deux regards sont intéressants et provoquent des échanges positifs. Il ne faut pas négliger certaines choses comme les traitements par exemple, mais j’aime bien l’idée d’agir dans la compréhension du rythme de l’abeille et de réfléchir à comment agir en fonction de ses besoins. En ce qui me concerne, j’ai besoin de comprendre pour apprendre. Je fais toujours des parallèles qui peuvent passer pour de l’anthropocentrisme mais ces comparaisons servent simplement à mieux comprendre. C’est tout simple. Par exemple, mes plantes en pot, je les compare à des poissons dans un aquarium. Elles vont rester petites parce que le contenant est petit. Plus le contenant est grand plus la plante sera grande. Là, les gens comprennent. Un autre exemple. Tout le monde a envie d’acheter des plantes en fleurs mais au fond ce n’est pas intéressant parce que la plante met beaucoup d’énergie dans sa fleur et si l’on doit la transplanter, finalement elle garde ses ressources pour sa floraison. La fleur, c’est comme son bébé. La plante est comme une femme enceinte qui donne toute son énergie pour son bébé. Une plante va moins bien reprendre si on laisse les fleurs en place. Il vaut mieux couper la fleur ou ne pas acheter une plante en fleurs. On achète avec les yeux mais en l’occurrence ce n’est pas la bonne manière d’acheter.

AF - Vous proposez des plantes locales sauvages et vous avez une orientation pollinisateurs me semble-t-il. Quels pollinisateurs vous intéressent ? Quels sont ceux que vous voyez dans votre jardin ?
SA - Toutes sortes de pollinisateurs. Les abeilles, les plus efficaces, mais aussi les pollinisateurs indirects qui vont consommer quelques pétales de la fleur et passer d’une fleur à l’autre comme les cétoines ou d’autres petites coléoptères. Tout me plaît. Toutes les abeilles sauvages aussi. Pour les accueillir tous, l’idée est de diversifier au maximum les types de fleurs ; les familles botaniques, les périodes de floraison. Réfléchir comme ça, c’est bénéfique pour nous aussi. Visuellement, on a toujours quelque chose d’intéressant à voir dans le jardin. Ce ne sont pas seule ment les fleurs qui comptent mais toute la vie qu’il y a autour. On développe vrai ment ainsi un autre lien avec son jardin. J’adore regarder la vie au jardin, prendre le temps de voir qui vient sur telle ou telle fleur, prendre des photos… J’apprécie de contempler mon jardin.

AF - Un jardin très accueillant, je le confirme… Et qu’est-ce que vous avez remarqué en particulier, puisque vous prenez le temps d’observer ?
SA - J’ai remarqué qu’il est très rapide de créer un potentiel d’accueil dans son jardin. Je ne dirais pas que c’est pareil en plein cœur de la Hesbaye, en plein désert biologique. Mais ici, je pense que c’est globalement très rapide. Quand on est arrivé, j’ai été un peu déçue de ne voir que des moineaux. Aujourd’hui il y a plein d’espèces d’oiseaux, des chardonnerets, des tariers pâtres, des oiseaux plus communs, des pies, des mésanges, etc. Finalement il y a une belle diversité qui se crée.

AF - Et du côté des insectes pollinisateurs, lesquels visitent votre jardin ?
SA - Il y en a de très nombreux. J’aime beaucoup l’anthidie à manchettes qui est inféodée aux épiaires. Je trouve le mâle très drôle, très territorial, avec un vol très rapide. Le prendre en photo c’est un vrai défi ! (rire). Il y a plein de petites abeilles dont les noms m’échappent là… Il y a la petite abeille chélostome dans les fleurs de campanules. Bien souvent, dans le nom des abeilles sauvages on trouve le nom de la plante à laquelle elles sont inféodées. La collete du lierre… on en voit plein ! Les mégachiles, les andrènes, les osmies sont là aussi évidemment… Avec 400 espèces, il faut vraiment être un spécialiste pour pouvoir nommer chacune d’elles. Il y a vrai ment une belle diversité ici. Quand j’en vois une particulière qui se trouve sur telle ou telle espèce ou qui apparaît plus à une période de l’année qu’à une autre, je vérifie son nom mais maheureusement je ne le retiens pas toujours… (rire)

AF - Le conseil que vous donneriez c’est donc de diversifier les types de fleurs, les espèces…
SA - Oui, et de les grouper aussi pour développer leur attractivité et pour que toutes les abeilles aient des ressources importantes. Cela va également favoriser leur implantation. Et il faut aussi penser aux habitats. Diversifier les milieux d’accueil : un tas de bois mort, un pierrier comme la spirale à aromates que l’on voit ici, des zones plus sèches avec des talus…. Après on fait avec la terre que l’on a, l’espace que l’on a... Il faut essayer de ne pas trop retourner le sol. Faire attention à une série de détails comme ça.

AF - C’est vraiment un ensemble de petites attentions pour le jardin et ses habitants… Pour revenir à vos abeilles que l’on aperçoit là-bas, vous avez des ruches Dadant…
SA - On est resté sur un modèle classique parce qu’on savait que ça facilitait des échanges.

AF - Et vous avez des échanges avec les apiculteurs du coin ?
SA - Finalement pas spécialement, non. C’est vrai que l’on est assez autonome. Une fois, il nous est arrivé de presque tout perdre mais on a reconstitué le rucher comme on a pu. On a 4 ou 5 ruches.

AF - C’est le nombre de colonies que vous jugez pertinent pour votre espace ?
SA - On reste dans une moyenne de 3. Quand ça va bien on en a plus mais à partir de 6 , pour nous ça devient trop. Notre idéal se situe entre 3 et 6 mais certaines années, ça peut retomber à 1 ou ½… Alors on repart avec la colonie qui reste. Là, il y a 10 jours, on a récupéré un essaim. Les échanges avec les apiculteurs se font plus sous une forme verbale. Parfois on offre une colonie à un ami qui se lance.

AF - êtes-vous dans le même esprit avec votre rucher qu’avec votre entreprise ? Votre démarche est-elle également « écologique » ?
SA - Peut-être. Mais avec les ruches, il n’y a pas un objectif financier.

AF - Mais les abeilles y contribuent quand même…
SA - Ah oui ! Elles y contribuent indirectement par la pollinisation mais on considère plus l’apiculture comme notre loisir. On donne les colonies. Si c’était une activité professionnelle, on les vendrait. On a envie d’avoir cet échange avec nos amis ou les personnes que l’on souhaite promouvoir. Ce n’est pas la même démarche.

AF - En tout cas, vous n’êtes pas dans un schéma intensif, aussi bien dans votre démarche professionnelle que dans votre activité apicole.
SA - Pour la pépinière, l’objectif c’est quand même de grandir un peu, sans être dans une démarche intensive évidemment. On se sent désormais un peu à l’étroit. On est en train d’y réfléchir. Mais en même temps, c’est tellement agréable de pouvoir travailler chez soi ! Idéalement, il faudrait que l’on trouve un terrain à proximité pour préserver cet équilibre.

AF - Je vous ai entendu parler de « Slow flowers ». De quoi s’agit-il ?
SA - En fait, il existe un collectif depuis janvier 2019 pour le développement de la production locale de fleurs écologiques. Il n’y a pas que des plantes indigènes dans ce cadre mais la démarche vise à éviter les importations de fleurs de l’étranger, gorgées de produits pesticides. J’ai un ami qui travaille à l’aéroport de Bierset et qui doit s’équiper d’une combinaison de protection, de gants, de masques pour contrôler les avions qui transportent des fleurs. Il y a une conscience de la nocivité de ce commerce. Certains fleuristes développent des dermatoses sur les avant-bras à force de travailler avec des fleurs « pesticidées ». Plus on est nombreux, plus le changement de comporte ment va arriver.

AF - C’est un peu sur le modèle de « Slow food » ?
SA - Oui, ici c’est un modèle qui vient des Etats Unis. Les premières écofloricultrices et les premiers écofloriculteurs sont américains et cela se répand de plus en plus. Moi je me suis intégrée dans ce collectif parce que j’ai trouvé la démarche intéressante. Belgium Slow Flowers (https://belgiumslowflowers. be/) répertorie tous les écofloriculteurs. Tout se fait sur base bénévole pour l’instant Nous sommes en train de finaliser une charte. Il est nécessaire de cadrer la démarche pour accueillir de nouveaux participants tout en préservant l’image de marque et la philosophie qui va avec. Le but n’est pas la recherche d’un label bio parce que c’est très contraignant. Moi j’ai abandonné l’idée pour l’horticulture.

AF - Le bio est donc une telle contrainte administrative ?
SA - Administrative et financière. J’avais un terrain bio à Strée pour produire des semences. J’ai eu le contrôle bio et j’ai fait la demande pour commercialiser mes semences. On m’a répondu qu’il fallait de nouveau payer pour la commercialisation. Les maraîchers ne doivent pas le faire mais moi, mettre mes semences en sachet, c’est un conditionnement qui demande que l’on paye un supplément. Donc pour avoir la pastille, pour obtenir le label, cela revient cher. J’ai baissé les bras. Et même le prix de départ du label, sans parler du conditionnement, c’est déjà un certain montant. Moi mes graines je les récolte dans mon jardin et si je mets tout mon jardin en bio ça veut dire que je ne peux plus acheter d’autres plantes même sur un coup de cœur. Au bout d’un moment, cela n’est plus raisonnable. Comme mon point de départ ce sont des graines trouvées en milieu naturel, elles ne sont pas certifiées bio. On m’a conseillé d’aller voir sur le site « Organicxseeds » (https://www.orga nicxseeds.be/) pour voir si les semences n’étaient pas proposées mais moi ma démarche c’est de partir d’une origine locale. Parfois c’est un bord de route… Je réintègre ensuite les semences dans mon jardin où les éventuels polluants sont « lessivés » d’une certaine manière. Et donc leur conseil ne correspondait pas du tout à ma démarche.

AF - Pour rappel votre démarche c’est du local, raisonné, raisonnable. Vous acceptez certains éléments perturbateurs au jardin ? Comment gérez-vous les problèmes que vous rencontrez ?
SA - Il faut accepter les aléas. Accepter que certaines plantes ne reprennent pas. Accepter les limaces dans une certaine mesure avec un contrôle manuel. Je ne suis pas dans l’éradication. S’il y a une peste, je ne lui dis pas « fais-toi plaisir ». Je suis dans une démarche de lutte biologique. Il y a quelques années j’ai introduit des nématodes. Je ne vais pas mettre des poisons dans mon jardin. J’y ai des alliés, des auxiliaires : les oiseaux, les tritons, les grenouilles… Les tritons viennent jusque dans ma serre et ils y étaient avant même l’existence de la mare que vous voyez. Chaque été j’ai des petites bassines pour immerger mes plantes en été et j’ai tout le temps des grenouilles dans les bassines.

AF - C’est donc véritablement une intégration du vivant dans votre jardin.
SA - Exactement. C’est un engagement et une démarche qui séduit de plus en plus de monde.

AF - C’est pourquoi vous parliez de créer une asbl ?
SA - Ce serait l’idéal. Beaucoup de personnes viennent vers moi soit pour faire un stage soit pour proposer une aide bénévole. On ne peut pas légalement entrer dans cette démarche lorqu’on est dans une structure commerciale. Je sais que les « Brigades d’actions paysannes » (https://brigadesactionspaysannes.be/) encouragent certaines démarches comme les actions d’entraide, les chantiers participatifs. Il y a besoin de créer un cadre car il y a de plus en plus d’offre de bénévolat pour les activités qui véhiculent certaines valeurs. Mais il faut être légalement une asbl pour ça. Un indépendant ne peut pas accueillir des bénévoles. C’est embêtant de jouer sur plusieurs statuts. Est-ce que cela prendra la forme d’une coopérative ? Je ne sais pas encore. Beaucoup de personnes viennent vers moi attirés par ma démarche qui fait réfléchir sur le sens de la vie, sur l’importance d’avoir une activité qui s’inscrit dans une démarche qui a du sens, sur la question de l’investissement personnel sur le plan professionnel, humain… Que donne-t-on à sa famille, à la société ? Si dans le monde de l’emploi on ne trouve pas ce dont on a besoin, et bien on doit le créer. C’est le fondement de ma démarche, même si cela représente un certain risque. J’ai un petit revenu qui me suffit pour l’instant. Après, il faut penser à la pérénisation de l’activité, à la viabilité de l’activité pour permettre un épanouissement personnel et familial. C’est pour cela que le passage initial en couveuse était important. Cela permet d’être bien encadré au départ du projet, d’être rassuré, de mettre des chiffres derrière une idée. Il ne faut pas hésiter à faire son étude de marché, à estimer un chiffre d’affaires. Moi je me suis fait une courbe de croissance. Cela me permet d’évaluer le chiffre d’affaire que je dois réaliser pour atteindre mes objectifs. Il est important de se mettre des balises.

AF - Vous avez les pieds sur terre dans tous les sens du terme.
SA - Peut-être, oui. Il faut. C’est important. Je suis aussi par ailleurs quelqu’un d’intuitif aussi. Et mes stagiaires m’apprennent à m’organiser. Même si cela ne fait pas partie de ma personnalité , je dois m’adapter. On apprend les uns des autres.